Demain tout recommence - Valentin Auwercx
- Opi
- 7 mars 2020
- 5 min de lecture


Titre : Demain tout recommence
Auteur : Valentin Auwercx
Date de Sortie : 29 janvier 2020
Genre : Science-Fiction, Dystopie, Horreur
Edition : Autoédition

Présentation de l'auteur sur simplement pro :
Sculpteur d'étoiles, créateur de nuages, jeune plume dansant sous la douce brise des mots. Plus vivant qu'un arbre et beaucoup moins qu'un homme.

Après l’apocalypse du 2 janvier 2112, le Big Cloud a poussé les derniers survivants du monde à se réfugier sous terre. Quand Liv Monroe remonte à la surface, quelques années plus tard, elle découvre un environnement dévasté où chacun cherche sa place. Alors que les cannibales semblent représenter la plus grande des menaces, d’étranges individus vêtus de combinaisons noires apparaissent. Dans un monde libre de tout, les monstres n’existent plus, il ne reste que les Hommes.

Je tiens avant tout à remercier l’auteur, Valentin Auwercx, pour m’avoir une nouvelle fois accordé sa confiance.
Nous nous lançons aujourd’hui dans la lecture de Demain tout recommence, dans la continuité chronologique de « Demain les hommes » et bien avant « Le temps d’une étoile ». À nouveau, l’auteur nous propose un résumé court, plaçant tout de suite le lecteur dans une ambiance très sombre. Un effet appuyé par la une couverture rouge vif, et cette impression de « feuille déchirée ». Demain tout recommence ne s’annonce pas comme une lecture facile, mais elle paraît déjà passionnante.
Dans un monde libre de tout, les monstres n’existent plus, il ne reste que les Hommes.
Le récit commence alors que l’héroïne, Liv Monroe, entreprend le projet d’écrire son histoire. Lorsqu’elle était âgée d’à peine 9 ans, elle a connu le Big Cloud, une catastrophe gigantesque qui a détruit son monde. Vivant désormais sous terre, elle doit faire face à de nouveaux défis, et lutter pour sa survie.
La première chose notable est la pertinence du projet de Valentin Auwercx. La plupart de ses ouvrages se retrouvent dans un univers particulier et personnel qui a vu le jour au moment de la publication de son roman « Le temps d’une étoile ». Il a par la suite remonté la frise chronologique jusqu’au point de rupture – le moment de la catastrophe – en remontant vers les événements de ce premier roman. C’est un choix qui permet de fédérer les lecteurs de manière très efficace. De plus, le choix de faire apparaître des protagonistes différents à chaque fois fait naître chez le lecteur un sentiment de « parenthèse » furtive, nous obligeant à nous concentrer sur les événements et l’évolution du monde.
Pour autant, les personnages restent très importants. Liv Monroe est une héroïne bien plus attachante que Charly dans Demain les hommes. Le fait de la suivre tout au long de sa vie permet de constater avec beaucoup de précision son évolution. D’enfant apeuré, elle devient une adolescente entraînée à la survie, puis une adulte déterminée à faire revivre l’espoir. Tout cela ne se fait pas sans obstacle, et elle devra affronter des moments trop durs, qui la renforceront. C’est un personnage fort, qui n’a d’égal que son père de substitution, le courageux Alex. Leur relation est en effet la plus touchante de tout l’ouvrage.
« Au fil de votre lecture, vous trouverez des mots salement étalés dans de petites boursouflures de papier. Je ne pourrais pas retenir toutes mes larmes en vous racontant les moments d'horreur que j'ai endurés au cours de ma survie »
D’autres personnages apparaissent au fur et à mesure de l’intrigue. Nous ne les citerons pas ici afin de ne pas prendre le risque d’en dire trop, mais nous pouvons souligner qu’ils apportent toute sa justesse au livre. En effet, chacun d’eux, peu importe son camp, explore une facette de la personnalité humaine. Dans les pires moments, quand sa vie ne tient qu’à un fil, quand la vie de l’un dépend de la mort de l’autre, jusqu’où l’humain est capable d’aller ? Ils nous obligent à nous poser cette fameuse question : qu’aurais-je fait à leur place ? Et même si leurs actions sont parfois écœurantes, peut-on vraiment assurer que nous ne faisions pas la même chose ? Car les méchants – si tant est qu’il y a des gentils – expliquent clairement la raison de leurs actes. Quand on les écoute, ils ont tous une bonne raison de faire leurs choix. Parce que face à la mort, à la destruction, la morale n’est rien, seul compte la survie. Et au fond, bien au chaud dans notre plaid, un bon livre en main, peut-on réellement juger de quoi nous sommes capables ?
Il est donc question ici d’interroger la nature et l’instinct de l’homme, mais pas que. L’auteur profite de son contexte, à savoir un monde qui doit renaître, pour confronter les idéaux de ses personnages. Par exemple, tout au long de son parcours, Liv découvrira différentes façons de gouverner, qu’elle devra tester, peser afin de déterminer qu’elle est la meilleure.
« S'il ne demeurait ni lieu ni temps. Si le monde était une énorme page blanche sans où, ni quand. On ne disposerait plus de quoi, ni de comment. »
D’autres thématiques sont également évoqués, comme le véganisme par exemple, qu’il est toujours bon de voir évoquer dans nos lectures. Peut-être que les mots choisis par Liv pour en parler sont un peu moralisateurs, mais au final ce n’est pas gênant, car il s’agit de penser et c’est tout à fait en adéquation avec la franchise de Liv.
La construction du récit en forme de « mémoire » donne un plus à l’histoire. Nous savons dès le début que des choses terribles vont arriver, et la tension monte au fur et à mesure des pages. À plusieurs reprises, Liv écrit : « si j’avais su… » ce qui accentue une nouvelle fois l’effet dramatique. Une atmosphère étouffante, horrifique et parfois étouffante, propre à cet univers post apocalyptique. Il faut signaler qu’il y a deux à trois scènes qui sont vraiment dures – à ne pas mettre entre toutes les mains, donc !
« La vie est parfois une succession de chutes plus douloureuses les une que les autres. »
Malgré ces passages difficiles, la lecture est plutôt fluide. Il y a quelques répétitions à certains endroits, mais rien de bien problématique. Certains procédés temporels (ellipse, retour en arrière, etc…) rendent certains moments complexes à replacer et nécessitent une lecture attentive, mais, à nouveau, la précision et la solidité de la structure narrative permet de tout remettre au clair rapidement.
La fermeture de la parenthèse « Liv Monroe » laisse un sentiment mitigé, entre l’espoir et le doute, qui retranscrit à la perfection ce que ressentent les personnages de cette société en reconstruction. Et c’est, au final, la grande force de ce livre. Bien que tout ceci n’est pas notre réalité, il nous interroge sur nous, maintenant, sur nos choix et sur ce que ceux que nous devront faire si nous laissons notre monde aller à sa perte. Si vous avez le cœur bien accroché, et que vous aimez que vos lectures vous fassent réfléchir, alors jetez-vous sur Demain tout recommence !
« Nous construisons, nous détruisons, nous ramassons les morceaux, et demain tout recommence »
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